Une organisation dénonce les abus sexuels dont sont victimes les jeunes sportives sud-africaines

Si le mouvement #MeToo a donné le courage à des milliers de femmes et d’hommes, partout dans le monde, de briser le silence autour du harcèlement sexuel, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour mettre fin à des siècles d’omerta.

Parmi les nombreuses organisations qui travaillent depuis des années à libérer la parole des victimes, l’une d’elle s’intéresse particulièrement aux abus auxquels doivent faire face les jeunes athlètes, et vient de dévoiler le résultat de sa dernière étude.

(© Bellurget Jean Louis/Getty Images)

Basée en Afrique du Sud, l’association Girls Only Project a interrogé 2 000 lycéennes pour identifier les obstacles qu’elles doivent affronter en tant que sportives. Menée principalement dans la région de KwaZulu-Natal, l’étude s’est servie de questionnaires et d’ateliers.

Il en ressort que 5 % de ces lycéennes ont déjà été harcelées sexuellement par un coach ou un administrateur, un chiffre que la docteure Kirsten van Heerden, présidente de Girls Only Project, estime en dessous de la réalité :

"Je pense que ces 5 % sont sous-représentatifs. Des recherches menées au Botswana par exemple indiquent qu’au moins 25 % des jeunes filles doivent affronter une certaine forme de violence ou de harcèlement. Mais cela montre qu’il y a un problème. Ce qui nous a horrifiés, c’était la méconnaissance des petites filles de leur propre corps."

L’étude dénonce également le problème du "sexe transactionnel" : lorsqu’un professeur ou un coach propose à une jeune fille de lui rendre tel ou tel service en échange d’un acte sexuel. Une situation particulièrement courante dans les zones rurales, où les athlètes ont souvent du mal à évoluer.

L’association Girls Only Project ne compte pas s’arrêter à ces révélations, puisque Kirsten van Heerden a affirmé qu’une étude dans le monde sportif de haut niveau était en préparation.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

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