Y a-t-il un pilote dans les stands ?

Lors du grand prix de Bahreïn dimanche dernier, Kimi Räikkönen, pilote de la Scuderia Ferrari, a roulé sur la jambe d'un mécanicien en voulant sortir un peu trop vite des stands. Bilan : fracture tibia-péroné pour le mécano et abandon quelques mètres plus loin pour le "Iceman". Le dernier épisode de Panique au pit stop, un feuilleton F1 qui dure depuis les années 50.

  • À l'origine de l'incident, une erreur du mécanicien chargé de donner le feu vert au pilote pour repartir. Pour les néophytes, c'est celui qui tient l'espèce de grande cuillère (ou raquette, c'est selon) juste devant le casque du pilote. Rouge, tu ne bouges pas. Vert, tu mets les gaz pour repartir. Le timing est serré, la concentration maximale, et le cafouillage ne pardonne pas.

À l'issue de la course remportée par Sebastian Vettel, coéquipier de Kimi chez Ferrari, les images étaient encore présentes dans toutes les têtes et la conférence de presse des deux pilotes n'a tourné qu'autour de ça. Vettel d'abord : "C'est un sentiment partagé qui m'anime. Ce n'est jamais bon pour nous quand un de nos gars se blesse". Räikkönen ensuite : "Je suis sûr qu'il est entre de très bonnes mains et je lui souhaite un prompt rétablissement. Quant à l'accident en lui-même, tout ce que je sais c'est que j'ai démarré dès que j'ai vu la lumière verte s'allumer. Je ne pouvais pas me rendre compte qu'il y avait encore un problème avec la roue arrière gauche, j'ai juste vu que quelqu'un était blessé et l'équipe m'a immédiatement demandé de m'arrêter." Toujours est-il que Francesco Cigarini, le mécano en question, a été opéré avec succès et va maintenant arpenter une longue route qui, espérons-le pour lui, devrait le ramener aux stands pour la prochaine saison de Formule 1. Et comme on dit chez Ferrari : "Forza Francesco !"

  • Des incendies aux roues mal vissées, en passant par le traditionnel  "J'ai pas le temps donc je repars avec le tuyau de la pompe à essence", le paddock a toujours été le théâtre du lol dans les grands prix de F1. Pour peu qu'il n'y ait pas de blessés, bien entendu. La preuve par quinze.
  • L'occasion également de se pencher sur l'évolution des pit stops depuis les années 50, où seulement quatre types (pilote inclus) étaient autorisés à intervenir sur l'auto. L'affaire prenait alors plus d'une minute - une éternité dans la F1 d'aujourd'hui - et ressemblait plus à la réunion tunning du dimanche aprem sur le parking d'Auchan qu'à une écurie pro.
  • Car de nos jours, quand tout se passe bien, sachez qu'il est humainement possible de faire le plein, changer quatre roues et même mettre un coup de polish si besoin, en moins de deux secondes. Un record du monde détenu par Felipe Massa et l'écurie Williams, sur lequel vous pourrez méditer la prochaine fois que vous ferez la queue chez BP.