Un boxeur ouvertement pro Trump se fait corriger par un Mexicain

Lorsqu'un boxeur américain affronte un mexicain à une centaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays, se pointer sur le ring avec la mention "America First" juste au dessus d'un mur anti-migrants dessiné sur son short n'est pas l'idée la plus brillante qui soit. C'est pourtant celle qui a germé dans la tête de Rod Salka.

"Make boxing great again". Ce slogan, Rod Salka aurait pu le sortir en cas de victoire dans la nuit de jeudi à vendredi au Fantasy Springs Casino d'Indio, petite ville de la vallée de Coachella dans le sud de la Californie. Classé au 81ème rang mondial de la catégorie des super-plumes, Rod "Lightning" Salka y affrontait Francisco Vargas, cinquième mondial. Un homme que le Mexique surnomme : "El Bandido".

 
Dès lors, quoi de plus normal pour ce combattant ouvertement pro-Trump que de donner une couleur politique à son combat. Surtout que Rod n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Natif de Brunola en Pennsylvanie, il s'était présenté à l'élection de la chambre des représentants de l'État en 2016 avec l'étiquette du Parti Républicain. Battu par le candidat démocrate,William Kortz II (avec 65,65% des suffrages contre 34,35% pour Rod), Salka avait ensuite fait une Jospin pour se consacrer uniquement au noble art.
 
 
"Ça m'a surpris de le voir monter sur le ring habillé comme ça, détaillait Vargas au micro d'ESPN Deportes. Mais je suis resté calme, concentré sur mon combat et la stratégie à suivre. Et une fois qu'on était tous les deux face à face, oui, le mur est devenu un ingrédient supplémentaire à ma motivation. Je représente le Mexique en toutes circonstances et ce mur est une insulte envers mes compatriotes. Je me devais de tout donner." Et "le bandit" a joint l'acte à la parole. Après cinq rounds à sens unique, dont le dernier où Salka a servi de piñata et fini un genou à terre sur un crochet du droit, le coin de l'américain décide de jeter l'éponge. En boxe, on appelle ça un KO technique. Une humiliation, aussi.
 
 
Depuis l'élection de Donald Trump à la présidence des USA, le sujet déjà chaud de l'immigration est devenu particulièrement brûlant dans le monde de la boxe, où la majeure partie des athlètes qui combattent chez l'oncle Sam possède un passeport mexicain. L'an dernier, Oscar de la Hoya, légende vivante du noble art et promoteur à succès (de Francisco Vargas, entre autres), avait crée la polémique via un clip faisant la publicité du combat entre Saúl "Canelo" Álvarez et Cesar Chavez Jr. Un clip qui montrait les deux boxeurs partir du Mexique et défoncer un gigantesque mur pour se rendre au MGM Grand de Las Vegas où avait lieu le combat.
 
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Toujours est-il qu'en se faisant déboiter de la sorte jeudi soir, Rod Salka a perdu sa dignité en même temps que son combat. Manquerait plus qu'il demande à Vargas de prendre en charge la facture du short...