Le sport chelou du vendredi : le Bo-Taoshi

Veille de week-end, envie de prendre l'air sans trop savoir quoi faire : chaque vendredi, MOVE IT MOVE IT te propose un sport que tu n'as pas encore essayé.

Direction le Japon pour découvrir le Bo-Taoshi, qui signifie littéralement "Faire tomber le poteau". Un poteau où flotte un drapeau, puisque le principe de ce grand n'importe quoi consiste à capturer l'étendard adverse. Pour ce faire, deux équipes de 150 joueurs, 75 attaquants pour autant de défenseurs, se mettent sur la tronche jusqu'à incliner le poteau adverse et s'emparer du précieux. Un sport né en 1945 dans les académies militaires nippones pour entrainer les différents corps d'armée. Cohésion, bravoure, ténacité, prestige, le Bo-Taoshi est le sport préféré de l'empereur Akihito, un homme pourtant réputé pour son sens du raffinement.

Pour un œil averti, avec 300 joueurs sur le terrain, le jeu semble tout droit sorti de l'esprit pervers de Takeshi Kitano. Un ovni quelque part entre Takeshi's Castle et le mythique Battle Royal, où deux batailles se déroulent simultanément. Pour protéger son mat, chaque équipe dispose ses 75 défenseurs tout autour pour former une gigantesque cocotte façon rugby, avec un joueur au sommet qu'on appelle le "Ninja", censé être l'ultime rempart mais qui, bien souvent, n'est rien d'autre que la victime ultime. Car la seule et unique règle du Bo-Taoshi stipule que l'équipe gagnante est celle qui parviendra à faire pencher le mat adverse d'au moins trente degrés par rapport à sa position initiale avant de s'emparer du drapeau. Et ce par tous les moyens possibles.

Dans les faits, cela se traduit par une violence extrême où tous les coups sont permis. Poings, pieds, plongeons kamikazes tête en avant, la palette est sans-limites. À tel point que le sport a été banni des des programmes d'EPS nippons et n'est plus pratiqué que par les jeunes recrues de la National Defense Academy of Japan, soit la plus prestigieuse des écoles militaires de l'archipel. À défaut de pouvoir mobiliser 149 potes ce week-end, si vous tenez vraiment à tenter l'expérience Bo-Taoshi, on vous conseille de frapper à la porte de Saint-Cyr ou de l'École supérieure de guerre de Paris VII. Pour le plaisir, mais surtout pour la patrie.