20 ans après leur sacre, on a parlé avec les Dieux du Stade Français Paris

Il y a vingt ans, les joueurs du Stade Français Paris, habillés du désormais mythique maillot à éclairs créé par l'équipementier Asics, soulevaient leur premier Bouclier de Brennus depuis celui gagné 90 ans plus tôt.

Aujourd'hui, le club dévoile en grande pompes un maillot qui sonne le début d'une nouvelle ère. L'occasion rêvée de rencontrer au sommet les légendes du Stade : Moscato, Comba, Gomes, Moni et Dominici, pour se remémorer leur vie en rose, avé l'accent s'il vous plait ! 

SOUVENIRS, SOUVENIRS

Konbini - Quel est votre plus beau souvenir du Stade Français Paris ? 

CHRISTOPHE MONI - Je suis arrivé au Stade Français Paris en 1997, avec cette bande de fous furieux, pour 9 saisons au club jusqu’en 2006. Ça en fait, des souvenirs !

VINCENT MOSCATO - Quand tu finis ta carrière, les souvenirs qui restent ne sont pas des actions de matches, mais les moments passés avec les gars. Les revoir aujourd'hui, ça met du baume au coeur.

FRANCK COMBA - Le meilleur souvenir ? Devenir Champion de France, porter le Bouclier de Brennusl'année de notre retour en première division. Ça faisait 90 ans que le Stade ne l'avait pas soulevé. 

ARTHUR GOMES - C'était intense. Quand je pense que ça fait 20 ans !

MOSCATO - Et des mauvais souvenirs, vous en avez ? Moi non. 

ARTHUR GOMES - Toi non, nous oui ! [rires] Cette finale de Coupe d'Europeperdue dans les dernières minutes contre Leicester au Parc des Princes en 2001, c'était difficile. 

UN CLUB PAS COMME LES AUTRES

Konbini - Qu'est-ce qui rendait le Stade Français Paris unique ? 

MOSCATO - Le stade, c’est un club unique, construit par un mec fabuleux : Max Guazzini. Il a apporté l’enthousiasme, la créativité, la fantaisie...

MONI - Max Guazzini a bousculé le club, l’a rendu plus glamour, plus moderne. On était des rugbymen professionnels avec des attitudes de joueurs amateurs. 

DOMINICI - C’est la qualité des hommes qui ont formé ce club qui a fait l’histoire de ce maillot. 

COMBA - Les pom-pom girls, les maillots roses, les calendriers, la voiture téléguidée qui apporte le tee, les chansons… Max a rendu le rugby plus médiatique. 

On était des rugbymen professionnels avec des attitudes de joueurs amateurs. 

MOSCATO - Quand on entrait dans le Stade Jean Bouin, on était fiers, comme à la maison. On était des mercenaires mais on aimait nos couleurs.

GOMES - Tu aimais l'oseille aussi hein ! [rires]

MOSCATO - Ah oui, l’oseille... Max avait un coffre là haut, il nous payait en liquide ! [rires]

LA VIE EN ROSE

Konbini - Les gens aiment parler du rose. Ça faisait quoi de porter cette couleur en tant que rugbyman ? 

MONI - Le maillot rose, c'était une idée de génie pour l'époque. On l'a porté pour la première fois à Perpignan, terre de rugby ancestrale, respectée et respectueuse. Le rose a surpris tout le monde, on nous a traité de tous les noms mais on est partis avec la victoire. Ça nous faisait marrer, ça nous transcendait.

DOMINICI - Quand tu te fais siffler, huer, insulter, tu resserres les rangs. Le seul moyen de faire taire tout le monde, c'était de gagner. 

Le maillot rose, c'était une idée de génie pour l'époque.

MOSCATO - Ça a brisé les frontières et puis c’est une belle couleur. Le maillot du Stade Français est un symbole de liberté. Avant, le rugby était plus réglementé, plus austère. Celui là a amené un vent de liberté avant-gardiste.

LE RENOUVEAU D'UN CLUB HISTORIQUE

GOMES : À l'époque, quand le maillot était mouillé, il pesait 15 kilos. Tu avais l’impression de courir avec quelqu’un sur le dos. Maintenant ça a bien changé ! 

Konbini - Justement, qu'est-ce qui fait un bon maillot aujourd'hui ? 

MONI - Techniquement, un bon maillot de rugby, c’est aussi un maillot léger, dans lequel on peut bouger tout en étant difficile à attraper. Et puis, ce nouveau maillot, il me va comme un gant. Ça prouve qu’on ne vieillit pas trop mal ! 

Si le nouveau maillot du Stade Français reste original, sur la technique, justement, il est doté d'un imprimé "distraction" inspiré du camouflage militaire, censé "perturber la silhouette du joueur et rendre le plaquage moins évident". [NDLR] 

MOSCATO - C'est clair que la technologie a évolué. Mais le nouveau maillot reste en accord avec les couleurs historiques, il a l'âme des premiers murs qui ont été montés. Je le trouve magnifique. 

COMBA - Ce maillot représente une nouvelle ère, une nouvelle page qui s'ouvre. 

DOMINICI - Ce maillot, il n'existera que s’il y a la victoire au bout.

GOMES - Si le Stade Français est en finale l'année prochaine, promis, on viendra avec nos vieux maillots !

Peu importent les règles, la raison ou le score, l’essentiel c’est de bouger.