Quand Trump annule la venue des champions NFL à la Maison Blanche

Depuis 2016 et le premier kneeling de Colin Kaepernick, Donald Trump ne cesse de mettre la pression sur la NFL et impose ainsi sa vision du patriotisme à l'américaine. Dernier épisode en date : l'annulation de la venue des Eagles de Philadelphie à la maison blanche.

Le sport américain est rempli de traditions en tout genre. La plus importante d'entre elles étant sans doute la visite des champions en titre à la maison blanche. Basket, hockey, baseball, foot US... Peu importe le sport, l'équipe victorieuse a l'honneur d'être reçue par le président des États-Unis. Mais depuis que le maître des lieux se nomme Donald Trump, le carton d'invitation a clairement perdu de son prestige. En NBA, par exemple, LeBron James et Steph Curry - les deux superstars qui s'affrontent actuellement en finale, ont déjà prévenu que ce serait sans eux. Les Warriors de Golden State, l'équipe de Curry championne en titre, ayant déjà refusé de s'y rendre l'année dernière pour passer la journée avec un groupe d'enfants à l'African-American History Museum de Washington. Un joli pied de nez envers un président qui n'en finit plus de verser de l'huile sur le feu des tensions entre communautés.

Après avoir poussé la NFL a bannir le kneeling de ses terrains, Donald Trump s'est donc pris un énième retour de flamme en apprenant lundi que les Eagles de Philadelphie ne seraient pas au complet pour lui serrer la pince et écouter son speech. Sa réponse ne s'est pas faite attendre. Lundi soir, le 45ème président des USA a annoncé dans un communiqué publié par la White House qu'il annulait purement et simplement la venue des vainqueurs du dernier Super Bowl : "Les Eagles ne peuvent pas venir à la maison blanche avec leur équipe au complet. Ils sont en désaccord avec leur Président (lui-même, donc) parce qu'il insiste pour qu'ils se tiennent fièrement debout pendant l'hymne national, main sur le cœur, en l'honneur du peuple américain et de ces grands hommes et femmes qui composent notre armée. Les Eagles voulaient envoyer une délégation réduite, mais les mille fans attendus pour l'évènement méritent mieux".

Star-Singled Banner ?

Et pour lui, le mot "mieux" signifie remplacer la cérémonie par un hommage au drapeau américain. Tout simplement. Le tout annoncé dans un tweet sans concession, où il en remet une couche dans son combat contre le kneeling et la possibilité laissée aux joueurs de protester en restant dans les vestiaires pendant l'hymne : "Nous jouerons fièrement l'hymne américain et d'autres merveilleuses musiques qui célèbrent notre pays aujourd'hui à 15h, à la Maison Blanche, avec l'orchestre de la Marine et les choeurs de l'armée américaine. Nous honorerons l'Amérique ! La NFL, pas d'échappatoires dans les vestiaires !"

Si on prend le Donald au mot, la seule façon valable à ses yeux d'honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour la patrie est de se tenir droit, fier, la main sur le coeur pendant le Star-Spangled Banner. C'est un point de vue, le sien, que partage son Amérique. L'autre partie du pays préférant penser que ces héros nationaux ont donné leur vie pour défendre les valeurs affichées par la constitution américaine. Comme, au hasard, la sacrosainte liberté d'expression qui, n'en déplaise aux Trumpistes, ne se limite pas à 280 caractères.