Avant son comeback sur le ring, retour en musique sur la carrière de Tyson Fury

Samedi soir, à 23h, Tyson Fury remonte sur le ring face à l'Albanais, Sefer Seferi. L'occasion de faire un point musical sur la carrière de ce boxeur incontrôlable, polémique et génial.

Il y a trois ans, à la stupeur générale, il battait aux points Wladimir Klitschko. Plus surprenant encore, il célébrait tout ça d'une reprise hésitante, a capella, de I Don't Want To Miss A Thing d'Aerosmith. Un hommage à sa femme, la belle Paris, qui attendait alors sa troisième fille. Attention les oreilles.

Pour comprendre sa passion pour le karaoké, il faut regarder d'où il vient. Né dans une famille de boxeurs et de "travellers" irlandais (il se décrit lui-même comme un "un gitan qui ne refuse jamais la bagarre") son goût pour les mélodies "gipsy" n'a donc rien d'étonnant. En fait, il a surtout grandi à Manchester, capitale du rock et qui a enfanté des groupes tels qu'Oasis, The Smiths ou encore New Order. Bref, les chiens ne font pas des chats. À savoir également qu'on le surnomme le Gipsy King.

Tyson (pour Mike, forcément) se destine très vite à la boxe. Passé pro à vingt ans, le géant (plus de deux mètres) enchaîne les victoires et trouve sa "célébration" : une chanson différente pour chaque combat remporté. En 2013, par exemple, après avoir mis KO Steve Cunningham, le jeune et encore chevelu Mancunien s'enflamme face au Madison Square Garden. Il lance, l'air de rien, et comme s'il en avait déjà marre de ce milieu : "Je ne suis pas juste un boxeur" avant d'interpréter un bon son country bien ringos : Keep It Between The Lines, de Ricky Van Shelton.

Retraite (très) forcée

Sa victoire contre Klitschko est le summum de sa carrière. Sa nouvelle notoriété de champion du monde (trois ceintures WBA, WBO et IBFA) lui permet de prendre du bon temps. Lors du mariage de l'un de ses potes, il a l'occasion de chanter en duo avec Lionel Richie. Mais une droite reçue à la gorge lors d'une session avec un sparring partner entraîne une extinction de voie et le prive de ce petit plaisir. Chienne de vie.

Ces trois dernières années, il va surtout connaître un énorme coup de blues dû à sa soudaine célébrité. Il déprime sérieusement, tombe dans la drogue, l'alcool et ne peut défendre ses ceintures. Il poste alors une vidéo de lui sur Twitter où il chante du Afroman, le mythique Because I Got High. Humour noir, certainement. Le tout, deux semaines après avoir esquivé un nouveau test antidopage. Champion.

Et malgré une prise de poids conséquente ces dernières années, le toujours invaincu Tyson Fury a décidé de renfiler les gants. Par envie de défier la nouvelle coqueluche de la boxe britannique, Anthony Joshua, mais aussi pour sa ligne, son moral, sa survie. Tout simplement. Après trois ans de retraite (très) forcée, ça valait bien un petit Someone Like You d'Adele.