Boris Becker et son faux passeport centrafricain

Après avoir été déclaré en faillite l'année dernière, Boris Becker, ancienne star du tennis allemand, fait encore parler de lui pour une sombre affaire. Cette fois-ci, il s'agit d'une histoire de faux passeports diplomatiques.

Dans les années 80 et 90, il faisait la fierté du sport allemand. Il y a quelques années, en tant que coach, il avait emmené Novak Djokovic au sommet de sa carrière. Mais, aujourd'hui, le nom de Boris Becker est souvent synonyme de galère. Et même abonné aux faits divers car déclaré en faillite il y a un an, pour une dette envers une banque privée anglaise.

Idem en 2014 où il a même été condamné par la justice espagnole à vendre sa villa à Majorque. En 2009, il a été condamné par la justice suisse pour ne pas avoir payé le pasteur qui l'avait marié. Enfin, au début des années 2000, la justice allemande l’a condamné à deux ans de prison avec sursis pour des retards de paiement d'impôts. Bref, un joli chapelet de casseroles.

"Des passeports vierges volés en 2014"

Depuis, Boris Becker a été rattrapé par la justice britannique. Le mois dernier, pour tenter d'échapper à cette injonction, il a voulu faire jouer une immunité diplomatique en sortant sa carte d'ambassadeur de l'Union européenne chargé des affaires sportives, culturelles et humanitaires auprès de... la République centrafricaine. Oui, parfaitement.

Pour corroborer sa défense, Boris Becker a d'ailleurs posté sur Twitter une photo de lui, serrant la main du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Mais cette semaine, Chérubin Moroubama, directeur de cabinet du Ministre des affaires étrangères de la République centrafricaine, a déclaré : "Nous n’avons pas un représentant de cette nature. Nous n’avons pas un profil de poste pareil au sein de la représentation diplomatique. Donc, à titre personnel, Monsieur Becker, avec ce statut-là, cela ne me dit rien. Le passeport diplomatique qu'il détient est un faux." Selon ce même directeur de cabinet, le passeport en question affiche un numéro de série qui correspond à "des passeports vierges volés en 2014." Et le ministre des transports, Théodore Jousso, un proche du président, de renchérir pour Le Monde Afrique : "J’ai parlé au président, il se rappelle l’avoir rencontré à Bruxelles, parmi beaucoup d’autres personnalités, mais il ne lui a jamais accordé ce statut d’attaché, qui n’existe pas dans la nomenclature de l’ambassade de la République de Centrafrique à Bruxelles. ", précisant qu'il n'existe "aucun décret, aucun document attestant de cette nomination". Bref, la Haute Cour de Londres va devoir trancher cette affaire et, une chose est sûre, "Boum-Boum" Becker n'est pas sorti de l'auberge.