À Chamonix, la Coupe du Monde d'escalade prépare déjà les Jeux Olympiques

Chamonix accueille actuellement la Coupe du Monde d'escalade. Une étape parmi quatorze autres un peu partout en Europe, aux États-Unis ou en Chine. Mais, ici ou ailleurs, les regards des grimpeurs sont tournés vers 2020 et les Jeux Olympiques de Tokyo.

Dans deux ans, l'escalade sera discipline olympique pour la première fois de son histoire. Et il faut le dire : rares sont ceux à ne pas avoir cet objectif tokyoïte en tête. Il y a, bien sûr, le rêve de participer au plus gros événement sportif du monde, mais il y a aussi un peu de frustration de devoir se contenter que d'une seule épreuve... Explications avec Mickael Mawem, grimpeur français.

"Le comité olympique a décidé de nous donner deux médailles (une féminine et une masculine) alors qu'on a trois disciplines dans l'escalade. Du coup, les fédérations ont dû choisir entre la vitesse, le bloc et la difficulté. La vitesse, c'est le plus impressionnant mais elles ne pouvaient pas se permettre de ne choisir que ça parce que la difficulté, c'est la discipline historique. Et au final, elles se sont décidées pour faire un combiné des trois disciplines que j'appelle : le triathlon de l'escalade."

Un combiné en forme de compromis

Pour faire court : le bloc, c'est grimper sans équipement sur un mur d'une hauteur moyenne. L'escalade de difficulté, c'est un peu l'inverse : des murs bien plus hauts qu'on gravit avec mousqueton, corde et baudrier. Et enfin la vitesse, où le principe est de monter le plus vite possible un seul et même mur pour toutes les compétitions, généralement en duel. Le combiné olympique sera donc un mélange des trois. 

Oui mais voilà, cela fait désormais deux ans que l'on sait que l'escalade sera olympique et il n'y a plus vraiment le temps de réfléchir au format. Il est maintenant question de se préparer et de s'adapter. Pour Pierre You, président de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME), il était d'abord question d'infrastructure et d'équipements. Le pôle sportif français de Voiron est, par exemple, désormais équipé pour les trois disciplines. Autre casse-tête pour la FFME : elle ne pourra envoyer que quatre athlètes (deux hommes et deux femmes) et le combiné nécessite de leur part une polyvalence nouvelle dans l'escalade : "Autant, les jeunes s'entraînent désormais très tôt pour les trois disciplines. Autant, les seniors (la génération qui devrait partir aux JO, ndlr) ont dû, pour la plupart, se renouveler."

2024 fois mieux à Paris ?

Pierre You donne un exemple concret : "Adam Ondra (grimpeur tchèque et l'un des rares champions du monde dans deux disciplines, ndlr) n'était pas vraiment satisfait du format. Mais il est quand même intéressé par les JO. Forcément. Et là, depuis peu, il va se mettre à la vitesse. Car ce format ne récompensera pas un grimpeur moyen. Il récompensera un grimpeur qui excelle dans au moins deux disciplines."

À Chamonix, il n'est d'ailleurs pas rare de voir certains grimpeurs débuter dans une nouvelle épreuve. C'est le cas de Mickael Mawem, qui cherche à se situer par rapport aux autres en vitesse et en difficulté : "2020, c'est très proche et, du coup, ça va dépendre des personnes, des aptitudes et de la rapidité d'adaptation. Maintenant, c'est à nous de faire le job pour que l'escalade plaise aux gens et qu'on ait les trois disciplines en 2024." Pour doper nos chances de médailles ?