Chaises de camping, Mont-Blanc et torticolis... On était à la Coupe du Monde d'escalade à Chamonix

© Crédit image : Rémi Fabregue / FFME

Pendant trois jours, la ville de Chamonix a accueilli la Coupe du Monde d'escalade. Il faisait chaud, il y avait du monde et comme toujours, avec le Mont-Blanc en arrière-plan, les spectateurs en ont pris plein les yeux.

Sur la place du Mont-Blanc, le moindre coin d'ombre vaut cher. Derrière les panneaux, sous les arbres ou pas loin de la buvette... La mission, c'est de trouver un spot qui soit suffisamment ombragé, sans pour autant être trop loin du mur. Et puis, comme toujours, il y a les gens équipés, qui ont l'habitude de ce genre d'événement, qui ont tout prévu (le fameux triptyque parasol-chaise de camping-crème solaire...) et qui peuvent se poser au plus près de l'action.

Équipement de qualité, emplacement privilégié.

Mais ces soucis-là sont surtout pour les vrais fans d'escalade, ceux qui ne voulaient rien louper des trois jours de compétitions, de jour comme de nuit. Car seules les qualifications ont lieu pendant les heures où le soleil vous tape dessus. Les deux finales de vitesse et de difficulté, elles, commencent après 20h, à la fraîche.

BD et torticolis

Pour d'autres spectateurs, un problème différent se pose : les douleurs au cou. "Ça s'attrape comment un torticolis ?" demande un enfant, à deux doigts de s'allonger et visiblement pas habitué à suivre de l'escalade, à ses parents. Quand ils ne sont pas sur le stand d'initiation, les autres grimpeurs en herbe demandent des autographes, à l'ancienne. Ashima Shiraishi, grimpeuse américaine prodige, ou encore Romain Desgranges, chamoniard et auteur d'une BD et d'un film sur l'escalade en présentation sur les trois jours, sont parmi les plus demandés.

Le site, au lever du jour.

Chamonix est une petite commune, mais elle s'y connaît en tourisme. Et elle a plutôt intérêt :ici, le Mont-Blanc agit comme un aimant. Hiver comme été, il n'est pas rare de voir des familles débarquer de France et Navarre pour assister à l'Ultra-Trail ou juste pour skier. Rien de très dépaysant, donc, que de voir pendant ces trois jours des tee-shirts et marcels aux couleurs russes, chiliennes, australiennes ou encore japonaises défiler dans les rues.

"Under my umbrella... Ella... Ella."

Plusieurs dizaines de nationalités présentes, les meilleurs grimpeurs du monde, des heures de compétition en direct... Et pourtant, la Coupe du Monde de foot arrive quand même à faire quelques apparitions furtives lors de discussions à la buvette ou quand des grimpeurs belges (c'était un jour après leur demi-finale perdue face à la France) s'attaquent au mur.

Peter Parker et fratrie d'escalade

Quoi qu'il en soit, malgré les visages rougis par le soleil, tout est réuni pour passer un bon moment. Le jeudi soir, pour la finale de la vitesse, la place du Mont-Blanc fait le plein et voit deux Français, Bassa Mawem et Aurélia Sarisson, disputer une place sur le podium. C'est serré, pas mal de favoris se ramassent et les proches des deux grimpeurs tricolores se plient en quatre en bas du mur.

"Prends ça, Peter Parker."

Mickael Mawem, frère du Spider-Man français, n'a plus beaucoup de voix : "Encore un run et je m'évanouissais..." Heureusement, les finales de vitesse ne durent jamais très longtemps. Et, au final, seul Bassa Mawem accroche le podium et une belle troisième place. Aurélia Sarisson termine, elle, quatrième.

"Prends ça, Mary Jane."

Pour la finale de la difficulté ce soir,  la discipline historique de l'escalade même si aucun Français n'y a vraiment brillé, on attend le même engouement, la même place du Mont-Blanc bondée. Voire même plus. Et quand on sait que l'escalade fera sa première apparition aux JO dans deux ans, c'est plutôt bon signe.