Découvrez Super Paco, le vétéran de l'ultra-trail qui court en pantalon et chemise

Sur les 101 kilomètres de la Legión, à Malaga, c'est tout simplement une rockstar. Sac à dos, chemise, pantalon, ceinture, sombrero, bâtons dans les mains, Super Paco n'y peut rien, il attire naturellement les caméras de télévision et la clameur du public.

Francisco Contreras, dit Super Paco, a 80 ans cette année. Et s'il n'a plus vraiment toutes ses dents, il a encore clairement la patate. Il a mis un peu plus de vingt-trois heures pour avaler les 101 kilomètres de Malaga, en mai dernier, et semble encore en avoir sous le pied au moment de passer la ligne d'arrivée.

Courir passé 80 balais, c'est encore à peu près normal. Courir passé 80 balais des ultra-trails, ça devient déjà plus chaud. Mais courir passé 80 balais des ultra-trails habillé en tenue de ville... C'est plutôt exceptionnel.

Agriculteur montagnard

Et c'est pour ça que Francisco Contreras fait tant parler de lui sur chacune de ses courses. Un look et un mental à toute épreuve. Ce n'est pas pour rien qu'il est pote avec Kílian Jornet et suscite son admiration. Fort de ses 20 000 abonnés sur Facebook, il a également fait l'objet d'un livre et de plusieurs documentaires.

Son histoire ? C'est celle d'un jeune homme de la campagne qui voulait devenir médecin. Et qui, finalement, a dû suivre le schéma familial, par la force des choses, en devenant agriculteur à Cártama, commune de la province de Malaga. Bon vivant, son métier aliénant ne l'empêche pas pour autant de se faire des marathons de lecture, sa passion.

Et puis, dans les année 2000, alors qu'il a la soixantaine, des médecins lui trouvent un taux de cholestérol élevé. Ils lui recommandent une activité sportive. Paco arrête l'alcool, mange plus équilibré et se met donc à la course. Au début, il ne s'agit que de petits joggings. Et puis, il finit par y prendre vraiment goût. Aujourd'hui, il cavale environ 40 kilomètres par semaine. Détails qui le démarquent des autres coureurs : il préfère s'entraîner de nuit (pour des raisons professionnelles) et en montagne plutôt que sur du bitume (par préférence personnelle) puisqu'il y a de beaux reliefs autour de chez lui.

Rockstar, malgré lui

En 2005, il commence à s'inscrire à des courses. En 2012, il finit les 189 kilomètres de la Cerdanya, dans les Pyrénées. Et peu à peu, il devient une attraction. En Espagne, tout le monde veut avoir Super Paco sur sa course. Mais avec son âge avancé, il doit faire des choix. Et il préfère clairement l'ultra-trail de chez lui, les 101 kilomètres de la Legión. Toujours en pantalon, parce que ça le protège des herbes coupantes. Toujours en chemise, parce qu'il n'aime pas être habillé autrement. En fait, Super Paco est un mec tout ce qu'il y a de plus simple.