Sophie Power est venue à bout des 170km de l’UTMB en donnant le sein à son bébé !

Pour tout coureur de longues distances, l’Ultra Trail du Mont Blanc est probablement l’événement le plus impressionnant et inspirant de l’année. 

© Alexis Berg (Mons Prod) pour STRAVA

Parmi les 1779 finishers sur 2561 partants, la londonienne Sophie Power a vécu une course encore plus particulière que ses concurrents. Jeune maman, l’exploit réalisé par Sophie dépasse largement les 10 000 mètres de dénivelé positif du parcours. Pour son premier UTMB, Sophie a fait le voyage avec sa petite famille (son mari John, son fils ainé Donnacha et Cormac), et a surtout donné le sein à chaque ravitaillement à Cormac, 3 mois.

C'était mon premier UTMB, j'avais obtenu un dossard lorsque j'étais enceinte de Donnacha en 2014, mais l’organisation a refusé de me laisser différer ma participation à l’année suivante. L’UTMB permet des reports pour blessure mais n'accepte pas de le faire pour une grossesse car c'est d’après eux "un choix". Je n’ai pas été tirée au sort pour les deux éditions suivantes et quand j’ai enfin obtenu un nouveau dossard pour 2018 je suis tombée enceinte de Cormac. Je ne voulais tout simplement pas renoncer à la course ! Je veux faire passer un message, les organisateurs doivent absolument modifier ces conditions d’inscription pour encourager la participation des coureuses féminines sur les ultra-trails. La plupart des autres courses internationales ont changé leur politique pour être plus justes envers les femmes... », nous explique cette anglaise de 36 ans qui ajoutait donc une dimension militante à son exploit.

Ces conditions inédites pendant la compétition lui ont permis de découvrir son sport sous un autre angle : « J'ai particulièrement apprécié cet UTMB. Je devais aller vraiment lentement pour ne pas trop augmenter mon rythme cardiaque (mon corps n'était pas préparé à brûler tant de graisse) et je ne pouvais pas complètement courir pour protéger mon bassin. Sur les courses normales, j’ai l’habitude de rentrer et de sortir des zones d’assistance le plus rapidement possible, mais ici je devais prendre le temps d’absorber de la nourriture en quantité suffisante (pour moi et pour Cormac) et de me reposer. Mon but était simplement d’aller au bout de la course, ça m’a donné tellement de temps pour apprécier les points de vue, discuter avec les gens et vraiment m’imprégner de cette expérience.

© Alexis Berg (Mons Prod) pour STRAVA

Preuve que sport, vie de famille et rôle de maman ne sont pas forcément incompatibles, Sophie explique que cette expérience lui a permis au contraire de mieux profiter de cette course : “les ravitaillements étaient aussi des pauses mentales bien nécessaires pour ne penser qu'à prendre soin de moi pour une fois. J'ai eu l’occasion d’embrasser une toute nouvelle philosophie de course, je vais ralentir et profiter des épreuves aussi spéciales que celle-ci. Dans les montagnes, certains coureurs ne lèvent même pas les yeux pour apprécier les paysages, je vis dans le centre de Londres alors je voulais profiter au maximum de la nature !” Après plus de 43 heures de course et 2 nuits blanches, Sophie a vécu une troisième nuit sans sommeil puisque Cormac avait très faim et a réclamé à manger toutes les deux heures.

 

Peu importent les règles, la raison ou le score, l’essentiel c’est de bouger.