Travailler à vélo sans être coursier, c'est possible

Les membres de l’association Les Boîtes à vélo ne lâcheraient leur monture pour rien au monde. Et si vous vous y mettiez ?

© Les Boites à Vélo

Ébénistes, plombiers, réparateurs ou encore jardiniers, ils ont tous fait le choix de n’utiliser que le vélo pour leurs déplacements. Un vélo-cargo pour être plus exact, c’est à dire équipé d’une caisse ou d’une remorque pour le transport du matériel, qui peut être bi-porteur ou tri-porteur, à assistance électrique ou sans.

À l’image du Conseil de l’Ordre des Médecins – en un peu moins officiel tout de même – l’association Les Boîtes à Vélo regroupe 40 entrepreneurs à vélo sur Paris. Chacun d’entre eux roule environ entre 5000 et 8000 km par an en moyenne. Une belle distance généralement réservée aux cyclistes et triathlètes assidus, désormais accessible à des personnes qui n’auraient jamais été amenées à pédaler autant sans se lancer dans l’entreprenariat à vélo. Qui a dit que sport et vie professionnelle n’étaient pas compatibles ?

Le plombier à vélo

© Guillaume Depasse

Elian Alluin, ancien commercial dans le design, a fondé Cyclo Plombier en 2014. Après un CAP obtenu haut la main, il a envisagé de s’acheter un fourgon mais a immédiatement renoncé après avoir pensé au trafic routier dans Paris. Il a alors pensé au vélo après avoir vu que cela se faisait à Nantes : « J’ai commencé avec un ancien vélo de La Poste et deux sacoches à l’arrière, confie-t-il entre deux rendez-vous. J’ai ensuite fait une campagne de crowdfunding pour financer mon bi-porteur à assistance électrique, qui a super bien marché. » 5000€ en poche, le prix moyen d’un vélo-cargo électrique, c’est tout ce qui lui a suffi. Contrairement à un véhicule motorisé, l’entretien est relativement peu onéreux et il n’y a pas de carburant à payer : « Je dépense 200€ par an maximum en entretien. Grâce à ça, je peux proposer des tarifs compétitifs et en plus, je fais du sport toute la journée ! »

Pour Philippe Genty, qui travaillait dans les médias avant de créer l’Ebéniste à vélo il y a un an, les constats sont similaires. Il propose des services de création et de restauration de meubles sans machine, ni atelier, ni camionnette. Il fait tout à domicile : « Je fais livrer mes pièces de bois déjà découpées au domicile du client, que j’assemble sur place. Je peux donc proposer des meubles sur mesure à moindre coût et de manière écologique ». Et l’activité quotidienne lui permet de se sentir bien mieux physiquement : « Je ne tombe quasiment plus malade, j’ai maigri, j’ai pris du muscle… Il n’y a que des bénéfices ! ».

« Je sens des bénéfices sur mes triathlons ! »

© Guillaume Depasse

Pour les sportifs déjà aguerris, c’est également une aubaine. Grégory Pigier, qui a créé Help My Bike en 2015 après avoir quitté son poste de directeur marketing dans une multinationale, sillonne les rues de Paris pour réparer des vélos. Et en tant que triathlète, cela lui permet de faire une partie de son entraînement en travaillant : « Avec mes 200 à 250 km hebdomadaires, je fais du foncier que je ne pouvais pas faire avant. Et j’ai ressenti des bénéfices sur mes triathlons cette année ! ».

Au delà de cela, le vélo permet de prévoir exactement les temps de trajet en ville, n’étant pas dépendant du trafic routier. C’est également un avantage psychologique indéniable tant le temps passé dans les embouteillages consomme de l’énergie mentale. Vous ferez également plaisir à la planète, et à votre portefeuille puisque certaines entreprises proposent aujourd'hui une "indemnité vélo".

Autre point, le vélo ne requiert pas de permis de conduire. Un aspect essentiel pour des associations ou entreprises qui ont pour objectif de faire de la réinsertion professionnelle. Comme Carton Plein, qui propose des déménagements à vélo, ou encore Biocycle, qui récolte les produits alimentaires invendus sur les marchés, dans les supermarchés, la restauration collective ou chez les traiteurs, et les redistribue à des associations caritatives.

250 kg de marchandise dans la remorque

© Guillaume Depasse

C’est d’ailleurs le vélo qui a permis à cette association de récupérer ce type de denrées invendues : « Il y a des entreprises comme Too good to go qui gère les invendus des petits commerces comme les boulangeries, et We are Phenix qui s’occupe de la grande distribution, de l’industrie ou du secteur événementiel, explique Mathieu Roger de Biocycle. Nous nous situons entre les deux, et le vélo est idéal pour réaliser ce type de d’opérations. Nous pouvons récupérer jusqu’à 250 kg de marchandise dans la remorque du vélo, et nous n’avons aucun problème avec la circulation ». Même son de cloche chez B-Moville, dont l’une des activités de la startup consiste à récupérer les huiles de friture des petits restaurants pour les recycler. Des interventions qui seraient beaucoup plus contraignantes avec un autre type de véhicule.

Avec un peu de réflexion et d’adaptation, beaucoup de métiers peuvent donc s’exercer à vélo. Et si vous avez envie de vous lancer, Les Boîtes à Vélo proposent un service d’accompagnement. Ils vous aident sur l’orientation de votre projet, le choix du vélo, ou encore la création de l’entreprise. Des conseils précieux d’entrepreneurs aguerris qui ont profité de la perte de leur emploi ou quitté leur job pour leur bicyclette 2.0. Alors, pourquoi ne pas vous y mettre et tenter l’aventure à vélo ?  

Pour ceux qui préfèrent garder les pieds sur terre, n'hésitez pas à privilégier la course ou la marche pour vous déplacer en ville. Vous verrez que vos trajets n'en seront que plus agréables, et votre corps vous le rendra.

 

 

Peu importent les règles, la raison ou le score, l’essentiel c’est de bouger.